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La Saint-Pichon.

Carrefour de Torterel

-* Ce carrefour est le point triangulaire où aboutissent trois petites rues étroites et tortueuses, qui ont fait donner à ce quartier le nom de Tortorel. Les payens plaçaient dans les carrefours de leurs villes les statues de leurs faux dieux. Est-ce par une suite de cette coutume, ou pour rendre la chose plus ridicule, qu'une troupe joyeuse, établie dans Romans, vers le XV ème siècle, autorisée par les magistrats, soumise à un règlement déposé aus archives de la commune, traça au carrefour de Tortorel, sur une muraille, et dans l'angle que forment deux maisons voisines, une figure colossale, portant une mitre sur la tête, un bâton d'une main, une quenouille de l'autre ? C'était là le grand Saint-Pichon (ainsi nommé d'un mot patois qui signifie Battre ), abbé de Maugouvert, inquisiteur des mariages mal assortis protecteur des maris débonnaires, vengeur de l'autorité maritale outragée.

- Il était dit dans le diplôme que tout mari qui se laisse battre par sa femme, sans faire usage du bâton, est digne de la quenouille. En conséquence, lorsqu'un époux donne ce scandale, il commet un crime de lèze-majesté-maritale, au premier chef. Pour l'expier, il est ordonné au plus proche voisin de monter sur un âne, le visage tourné du côté de la queue, la tenant pour bride, le chapeau abattu, les cheveux épars, une quenouille à la main, Dans cet équipage humiliant, il parcourut les rues, en donnant des signes risibles de la plus profonde douleur : les joyeux confrères le suivent en chantant le malin vaudeville.

- Le cortège se rend ensuite à la chapelle; là, le patient fait amende honorable pour le coupable; il prononce un discours très touchant pour excuser la faiblesse de son voisin; il dépose la quenouille au pieds du saint, pour l'envoyer à celui qui renouvellerait ce dangereux exemple. La cérémonie terminée, les confrères accompagnent l'expiateur jusqu'à sa maison, et ..... Tout finit par des chansons.

- Dans un premier temps, les Romanais et les Péageois n'ont d'autres distractions que les cérémonies liturgiques pour occuper leurs loisirs les jours de fêtes. Toutefois à la Belle-Epoque deux lois vont permettre aux travailleurs d'avoir un peu de temps libre : le repos du dimanche obligatoire ( le 16 juillet 1906), et la semaine de 48 heures en 1919.

- Romans construit une salle de spectacle (1818) et un kiosque à musique (1888). La chaussure et la chapellerie sont des industries florissantes... Dans les quartiers, les habitants organisent fêtes et vogues... Un nouveau venu, le cinéma connaîtra un engouement...

 

* Essai Historique sur le Monastère et le Chapitre Saint-Barnard de la ville de Romans par M. Dochier en 1817.

- Dessin de monsieur Elvio Ségatto.

-La St-Pichon, le banquet annuel paru dans la Tribune Républicaine de juin 1900.